OmniBusHacker s'installe à Ubatuba

Publié le 7 décembre, 2013

A Tropixel, des labs en mouvement

Retour sur la participation de PiNG aux rencontres TROPIXEL (Ubatuba/ Brésil) organisées du 21 au 26 octobre 2013 par Felipe Fonseca et son équipe.

( en rouge Espagnol @irene, en vert Anglais @morgane )

Ces rencontres duraient deux semaines, avec deux temps et lieux distincts : un séminaire à Juiz de Fora au Arts and DesignInstitut UFJF , puis des ateliers/rencontres dans la ville d’Ubatuba.

Repasamos la participación de PiNG en los encuentros TROPIXEL (Ubatuba, Brasil) organizados del 21 al 26 de octubre de 2013 por Felipe Fonseca y su equipo. Estos encuentros se desarrollaron a lo largo de dos semanas en dos tiempos y lugares diferentes: un seminario que tuvo lugar en Juiz de Fora, en el Instituto de Artes y Diseño UFJF, y posteriormente una serie de encuentros y talleres que se llevaron a cabo en la ciudad de Ubatuba.

Labs in motion at Tropixel: here is a report/feedback on PING’s participation in the TROPIXEL event (Ubatuba / Brazil) held from October 21 to 26, 2013 and hosted by Felipe Fonseca and his team. The event lasted two weeks and was divided into two different phases held in two different places: a seminar in Juiz de Fora in the UFJF Arts and Design Institute, followed with workshops/meetings in the town of Ubatuba.



/ UBATUBA

Ubatuba est une 
agglomération de 80 000 habitants, pas très dense au niveau population pour le Brésil. Elle s’étend sur la côte est du Brésil au nord de Sao Paulo et est coupée par le tropique du Capricorne. Sa région est pourvue d’une centaine de plages et de nombreuses forêts  (qui représentent 90% du territoires) dans le parc-réserve d’Etat Estadual da Serra do Mar. Cette ville balnéaire est certes l’un des spots les plus prisés pour circuler en vélo et faire du surf, mais c’est aussi un espace de tensions au niveau de l’aménagement urbain : par exemple pour la gestion de la pollution, des coûts des transports des déchets vers d’autres villes, etc. C’est également une zone conflictuelle entre des communautés traditionnelles d’indiens, de Caiçaras et de Quilombolas (anciennes colonies d’esclaves en fuite). Cette ville très jeune propose peu d’activités et de débouchées pour les jeunes étudiants, lycéens.


/ TROPIXEL

Ce type de rencontre est très proche de ce que l’on avait organisé pour labtolab@Nantes : discussions le matin, ateliers dans la ville l’après-midi. Tropixel s’inscrit dans le cadre du réseau PixelAche qui a déjà déployé son format de festival-ateliers itinérants dans différents pays en Europe, en Afrique (AfroPixel) et même à Nantes avec Electropixel d’APO33.
Participer à Tropixel à Ubatuba était une bonne opportunité pour PiNG de croiser des formats d’activités semblables à ceux que l’on développe, de découvrir des pratiques numériques que nous explorons via nos projets (Plateforme C, (s)low tech, CCC, Festival D, entre autres). Ce fut aussi l’occasion de (re)croiser quelques intervenants et collectifs d’artistes sud-américains avec qui l’on avait échangé lors de labtolab@Madrid en 2010 (ou de la version américano-latine labSURlab) et lors du summerlab de Gijon en 2011.

Les mot-clés, ou plutôt points de départ, du festival :

  • Environnement : nature, ville, politique publique, digital mapping, durabilité, économie créative,
  • Personnes : culture, éducation, créativité, mobilité, tourisme communautaire, art/activisme,
  • Objets : transformation, ressources naturelles, déchets, recyclage.

La note d’intention décrivait les rencontres ainsi : « Tropixel, Art, Science, Technology and Society will bring together artists, scientists, activists and researchers from different parts of Brazil and the world in Ubatuba… »


Toutes les photos des participants sont en Creative Commons

Parcourons ces 4 entrées à la rencontre de quelques lieux, personnes, créations :

/ ART

Il était en effet question de pratiques artistiques et d’art dans la ville ! Les pratiques artistiques/activistes numériques présentées s’entendent dans une dimension sociétale et réflexive : elles nous donnent à voir, à palper les enjeux actuels. De nombreux artistes sont actuellement engagés dans des démarches critiques d’exploration, d’expérimentation, attenantes aux questions des sciences, de l’art, de l’environnement, etc. Ils définissent avec de nombreux acteurs culturels des cadres collectifs de recherche et d’actions.
El festival Tropixel abordó la cuestión del arte y las prácticas artísticas en la ciudad. Las prácticas artísticas / activistas digitales se presentan desde una doble dimensión social y reflexiva que nos permiten reconocer las problemáticas actuales. Numerosos artistas están hoy en día comprometidos con un enfoque crítico de exploración y experimentación, próximo a las ciencias, el arte, el medio ambiente, etc. Y definen, con numerosos actores culturales, un marco de investigación y acción colectiva.
Tropixel addresses the issue of art, how it is practiced and how it blends in the city! Artistic practices / all digital activists taking part in the event agree that art must be rooted in society-related issues so as to trigger reflection: art opens our eyes on contemporary issues and helps us grasp them. Many artists are currently involved in critical exploratory approaches, in experimentations related to science, art, environment, etc. Together with a number of cultural players, they aim to define new guidelines for art-centered research and action.
 

∘ un dispositif :


Le LabMovel, camping-Car culturel animé par des artistes « référents » en Amérique du Sud : Lucas Bambozzi -à voir son chouette projet téléphone mobile crash– Fabi Borges et Pablo de Soto. En ce moment engagés dans le projet ‘mapping the urban commons, ils mettent en scène un cinéma ambulant ouvert, propice aux diffusions de film, de documentaires et proposent des ateliers. Sponsorisé initialement par le Ministère de la Culture et la Fondation Telefonica, le labomovel correspond à l’idée d’un lieu culturel temporaire, sorte d’interstice critique dans la ville, dont les artistes sont les propres médiateurs et facilitateurs.
Cela donne lieu à divers formats ouverts participatifs : http://labmovel.net/ (leur vidéo de Tropixel et flickr).


∘ un lieu :

Dans la journée du vendredi, les questions de street-art et des interventions urbaines ont été abordées. Tout les participants ont été invités à investir le squat/centre culturel Perequê-Acu. Des ateliers proposés par le OmniBus Hacker – une sorte de hackerspace mobile financé par la fondation Mozilla, entre autres – se sont enchaînés avant de terminer par des activités socio-cuturelles plus « classiques » (capoeira, etc).
Ce bus proposait des ateliers spirographes, pochoirs DIY, une fraiseuse numérique portable, une imprimante 3D, … et beaucoup d’échanges et de débats.
Eva, étudiante allemande, était là pour nous rappeler que l’origine de l’OmniBus vient de Joseph Beuys et c’est vrai: http://www.omnibus.org/fileadmin/omnibus.org/PDF/Sonstiges/4_Seiter_2008_engl_web.pdf;
Le site web du hackerspace-Bus : http://onibushacker.org/


∘ une personne :


Mario Alvim, qui se qualifie d’artiste-citoyen-bricoleur-militant, a fait la jonction entre le temps de séminaire à Juiz de Fora et la semaine à Ubatuba. Mario est sculpteur, il a récupéré des déchets à droite à gauche pour en faire une tour autonome, mise en scène sur la plage, lieu du crime du flux et reflux de la mer et de ses déchets …

/ SCIENCE :


Collecter des données, les analyser, développer des dispositifs, diffuser les résultats, en produire des connaissances libres, les partager : c’est ce que l’on nomme « Citizen Sciences » ou la participation du public dans la recherche scientifique. A Tropixel, de nombreux universitaires, artistes ou citoyens sont impliqués dans des projets de recherche, dans la continuité du mouvement des logiciels libres, des espaces de partage en ligne, d’un « wikipédia » tangible. La question sous-jacente tourne autour de la transmission des savoirs et de la production des connaissances  : de qui vers qui, de quoi vers qui, sur quelle modalités, quels lieux de transmissions, quels sujets de recherche … début d’un chantier !

Recopilar datos, analizarlos. Desarrollar dispositivos, difundir los resultados, producir conocimiento libre, compartirlos: a esto se le llama « ciencia ciudadana », la participación del público en la investigación científica. Durante Tropixel, numerosos universitarios, artistas o ciudadanos se implicaron en proyectos de investigación, embarcándose en el movimiento del software libre, en espacios para compartir en línea, en una « wikipedia » tangible. La cuestión subyacente gira alrededor de la transmisión de saberes y de la producción de conocimientos: de quién hacia quién, de qué hacia quién, de qué manera, a través de qué espacios, qué temas de investigación… ¡estamos al principio de un gran proyecto!

Collecting data, analyzing them. Developing devices, sharing the results, producing free knowledge, sharing this knowledge: this is what is called ‘Citizen Science’ i.e. a participation of the public in scientific research. During Tropixel, many university scholars, artists and citizens are involved in research projects, along the same line as the Free software movement, as online sharing spaces, as a tangible « wikipedia » organization. The underlying question has to do with knowledge transfer and production: from whom to whom, what to whom, with which parameters, what places of transmission, which research topics… laying the foundation stone of a new project!



∘ un dispositif itinérant aquatique :

Tapio Makela, ex-programmateur d’iSEA 2004, gravite autour de Pixelache en tant que chercheur, media-artist. Il nous a présenté le projet M.A.R.I.N : un ensemble de workshop-expo naviguant d’escales en escales, et qui propose à chaque étape différents projets Eco/Art/Science. Ce projet s’est structuré en association M.A.R.I.N (Media Art Research Interdisciplinary Network). Le bateau-lab a déjà relié différentes escales dans les baltiques, la question de l’écologie de la mer étant au cœur de leurs expérimentations. J’avoue avoir bien aimé le « sensor semaphor » : http://camp.marin.cc/prototypes/sensor-semaphore/


∘ un dispositif de captation :

Karla Brunet, professeur, artiste, chercheuse à l’université fédérale de Salvador de Bahia, était présente avec quelques étudiants de son groupe de travail et de recherche. Ils développent un ensemble de projets art/science articulés autour de la plateforme ecoArte. Ils ont notamment insisté sur le dispositif de captation Sensorium, un kit de capteur environnementaux mobile . Beaucoup de dataviz, d’ateliers et de réflexions sur le code ouvert et les commons.
Parmi les étudiants, Javier Cruz, qui développe au Chili des « openateliers like »(très justement nommés « Atelier Dynamo ») a livré son impression de Tropixel, en espagnol :   http://www.tallerdinamo.cc/tropixel/


∘ une personne :

Était également présente Maria Ptkq, bio-artiste, chercheuse, curatrice, qui travaille en ce moment – en vue d’une exposition à la Gaité Lyrique – sur Soft Power. Elle aborde les questions de bio-brevets, de propriété intellectuelle, de citizen science et du féminisme : 
http://www.mariaptqk.net/soft-power/ et http://www.slideshare.net/ptqk/biopatentes-teknocultura



/ TECHNOLOGIE :

Comment s’approprier les technologies, les détourner, les utiliser ? La technologie nous entoure : comment la maîtriser, l’éprouver, la ré-activer ? Que ce soit lors de formations classiques techniques ou ensuite au sein de laboratoires citoyens, tout au long de notre vie des espaces et des démarches apparaissent et proposent des temps d’expérimentation ou des approches artistiques, dont les croisements tissent de nouveaux cadres pédagogiques d’éducation et de transmission.
¿Cómo apropiarse de las tecnologías, transformarlas, utilizarlas? La tecnología nos rodea, ¿cómo controlarla, testearla? Ya sea a través de formaciones técnicas más o menos clásicas o en laboratorios ciudadanos, a lo largo de nuestra vida aparecen nuevos espacios y métodos, se proponen tiempos de experimentación, de aprendizaje. De algunos cruces surgen nuevos marcos pedagógicos de educación y transmisión.


∘ une école technique :

ETEC, Centro Paula Souza est une école publique proposant des cursus orientés technologie, numérique et usages. Ils nous accueillaient durant une semaine sans cours : une « semaine technologique ». Certains ateliers étaient très bien planifiés comme celui de l’américain Brett Stalbaum, professeur à l’université américaine de San Diego qui développe des applications de geotagging et de cartographie anonyme comme celle-ci http://serr8d.blogspot.fr/2013/07/new-android-app-gun-geo-marker-by-brett.html.


∘ une personne venue du nord :

James Wallbank vient d’Acces Space, un hackerspace historique de Sheffield aux projets très intéressants et dont l’article dans le MCD spécial Lab de 2011 avait déjà alerté notre attention. James était présent en tant que référence pour les organisateurs et comme modèle à suivre en terme de développement de lieux, d’ateliers. Il a proposé des démonstrations de Raspberry et des interventions sur l’Up-cycling (voir le site http://lowtech.org/). Il était en parallèle occupé au lancement de sa campagne de crowdfunding : http://boingboing.net/2013/10/11/kickstarting-laser-cut-rpg-ter.html.


∘ une performance sonore :

Jorge Crowe, bidouilleur pédagogue et artiste argentin, a proposé des ateliers de circuit-bending, d’initiation à électronique et une belle performance musicale 8 bit : son labo http://laboratoriodejuguete.com/ et une démo http://vimeo.com/album/78907/video/14227189 sont à dévorer.


∘ une micro-édition DIY :

Une soirée était dédiée à la sortie du magazine Gambiologia.net qui propose des articles et reportages sur l’up-cycling, le recyclage et les pratiques créatives. Cela s’apparente même à un mouvement en Amérique du sud qui, au delà des sites web et ateliers, prend la forme d’une publication semestrielle, une sorte de croisement entre le magazine MAKE, notre bon vieux Système D et le graphisme proche de l’univers sérigraphique du festival Kraft @ Nantes. Leur blog est là, et la revue ici.

/ SOCIETE

Les outils numériques : catalyseurs des enjeux politiques, économiques, sociétaux ? L’ appropriation ou non de notre environnement numérique conditionne-t-elle leurs finalités ? Il apparaît évident que les technologies, pour autant mondiales dans leur développement, sont abordées et utilisées dans des situations locales, voire communautaires.
Las herramientas digitales, ¿catalizadores de cuestiones políticas, económicas, sociales? ¿La apropiación de nuestro entorno digital condiciona su finalidad? Parece evidente que las tecnologías, aunque se desarrollan a nivel global, se abordan y se utilizan de manera local y/o comunitaria.
How to appropriate technologies, how to bend or high-jack them, how to use them? Technology is all over the place: how can we control it, experience it? During traditional technical training sessions as well as in grassroots initiatives and laboratories, throughout our life we can see new spaces and approaches emerge which provide time for experimenting and learning. Some cross-breeding initiatives actually weave new guidelines for education and transmission.
 

∘ un facilitateur à l’animation :

Felipe Fonseca, était l’animateur principal des rencontres, aidé par Malu et Luciana (de http://nuvem.tk). En tant que chercheur-acteur, il travaille notamment sur  les formes collaboratives, les médias et logiciels libres et une approche critique de la technologie. Il a notamment mis en place le réseau Meta-recyclagem autour du recyclage, bricolabs et UbaLab : http://rede.metareciclagem.org/. Il présente sa démarche de labo-citoyen moins comme un « copié/collé » des version lab from MIT, davantage dans la continuité des medialab, des espaces d’appropriation mis en réseau, autour du RE-use, du ‘bricotechno’. Il suit actuellement un master sur l’historique de l’utilisation par les villes du concept de Lab dans des contextes culturels et artistiques.
Lors de la semaine, il a notamment impulsé une réflexion et des questionnements sur les modalités de mesures de la qualité de l’eau de la rivière traversant Ubatuba : la qualité de l’eau étant un sujet sensible au Brésil, car l’état affirme que l’eau est plus saine qu’elle ne l’est réellement. La critique principale est que le prélèvement des data n’est réalisé qu’à un seul endroit. Un projet est en train de se construire pour proposer des ateliers et un dispositif portable de captation des données de qualité de l’eau, ainsi déposé à plusieurs endroits. Des workshops avec les étudiants ETEC et les « télécentro » de la ville, ainsi que des résidences artistes/chercheur pourraient voir le jour…


∘ un espace public numérique :

Nous sommes allés visiter le quilombo* de Fazenda, avec qui le festival TROPIXEL travaille. Felipe Fonseca était en contact avec le « telecentro » de la ville (que nous appellerions ici espace public numérique). Notre venue avait pour objectif, entre-autres, de ré-installer les ordinateurs livrés par le Ministère de la Communication et le Culture avec une version d’Ubuntu brésilienne. Depuis cette livraison, peu ou pas de ressources humaines n’ont été missionnées pour animer le lieu et former les personnes. La très bonne conservation de cet espace informatique étant la condition nécessaire pour le maintien du statut du hameau en tant que « centre culturel » et le soutien financier allant avec. Un peu de hacking réseau, de distribution Linux adaptée, et zou … l’espace numérique est reparti !
*Quilombo : http://fr.wikipedia.org/wiki/Quilombo .

 

/ Perspectives

Malgré les différences géographiques et culturelles des participants, on peut constater des approches, des problématiques et des intuitions communes : notamment dans la manière d’aborder le croisement des sujets art/science/technologie/société, et dans la volonté de rendre, ouverts, compréhensibles et accessibles les processus de création, les démarches de labo. 
De plus, les mises en situation hors-labo et les croisements entre participants ont permis de rendre visible cette communauté, de montrer l’existence d’une scène à part entière : un écosystème composé d’acteurs mélangeant allègrement pratiques artistiques, activités citoyennes, recherche en sciences. Cet écosystème partage une approche ouverte (open source) des questions écologiques, économiques, sociétales. 
Non loin des enjeux attenants à l’anthropocène*, cette manière d’exposer ces enjeux fait sans doute figure de nouvelles modalités et de nouvelles formes de médiation technique, scientifique, artistique.

* l’Anthropocène :
Ce concept introduit par la prix nobel Paul Crutzen en 2000,  correspond à une nouvelle ère géologique où l’impact de l’homme sur notre environnement est le principal facteur de l’évolution de la terre : « révolution géologique d’origine humaine » selon Christophe Bonneuil , historien au CNRS, vient de publier ‘l’Evénement Anthropocène’.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropoc%C3%A8ne
 
Voici une visite un peu glitchée des interviews et panoramas de Tropixel

 
Ressources :
Tous les retours sur la semaine par les participants : http://tropixel.ubalab.org/en/node/55
 
Et petite récompense pour ceux qui auront lu l’article en entier, un truc à savoir : Le Brésil n’est rien sans une bonne chanson chaloupée engagée.
Escucha  !

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